Bien communiquer, qu’est-ce que c’est au juste? Pendant bien longtemps, et encore aujourd’hui pour certains, on a cru que pour être un bon communicateur, il fallait s’exprimer facilement et avec conviction en public. Bien sûr, ça aide, mais ce n’est pas tout. Saviez-vous que l’une des principales qualités du bon communicateur, c’est de savoir écouter. Hum! Plus facile à dire qu’à faire…

Rappelez-vous l’époque des exposés oraux et des présentations scolaires. Du primaire jusqu’à l’université, les professeurs nous ont appris à structurer notre pensée, à rédiger un plan, à nous pratiquer encore et encore jusqu’à maîtriser parfaitement notre sujet, à créer des supports visuels, puis à présenter nos exposés devant la classe. Donc, même si c’est plus difficile pour certains, on a quand même appris à parler en public.

Mais quand avons-nous appris à écouter l’autre?

Heureusement, l’écoute est une aptitude qui s’apprend et se développe avec de la pratique… et de la volonté. Voici quelques trucs pour commencer du bon pied.

 

Éviter de parler

Dans l’un de ses sketchs, il y a plusieurs années, Patrick Huard disait « Farme ta yeule »*. Eh bien c’est ça… Quand on parle, on n’écoute pas. Alors chut! Et vous savez quoi? La nature est bien faite puisqu’elle nous a dotés de deux yeux, de deux oreilles et d’une seule bouche. Cela prouve bien que l’on devrait passer deux fois plus de temps à écouter et à observer qu’à parler.

 

Écouter… vraiment

Écouter l’autre, c’est l’écouter pour le comprendre et non attendre qu’il prenne une respiration pour soulever une objection. Couper la parole d’un collaborateur pour argumenter, c’est vous priver d’informations pour prendre une décision éclairée… en plus d’être impoli.

Certaines personnes ont plus de difficulté à s’exprimer clairement et avec concision. Il faut donc faire preuve de patience pour les laisser aller au bout de leur idée. Bien sûr, un moment donné, rien ne vous empêche de recadrer ou de reformuler la pensée de l’autre afin de vous assurer que vous avez bien compris. « Stéphane, je t’écoute depuis un petit bout et je veux être certain de bien de comprendre. Ce que j’entends, c’est que tu es surchargé de travail depuis plusieurs semaines. C’est bien ça? OK. Maintenant, trouvons les causes pour trouver une solution. Tu as trop de travail? Tes clients ne font pas leur suivi? Est-ce qu’on pourrait travailler pour optimiser ta méthode de travail? »

Étape 1 : On écoute.

Étape 2 : On reformule.

Étape 3 : On passe en mode solution.

Oui, c’est important d’écouter l’autre jusqu’au bout. Mais c’est tout aussi important de tomber rapidement en mode solution afin d’éviter de tourner en rond.

 

Porter toute son attention vers l’autre

Lire ses courriels, répondre à un texto, faire le ménage de son bureau : quel manque d’intérêt et de respect! Quand on écoute quelqu’un, on est avec lui à 100 %. Si vous n’avez pas le temps d’entamer une discussion, il est préférable de le dire et de la remettre à plus tard. Votre interlocuteur vous en remerciera. Vous attendez un appel important? Il suffit de mentionner dès le début de votre conversation que vous risquez d’être interrompu.

 

Poser des questions

« Poser des question… Mais Myriam, tu viens de nous dire qu’il ne faut pas parler. » Je sais, je sais, j’ai l’air de me contredire, mais pas du tout. Poser une question, au bon moment, démontre notre intérêt envers l’autre. C’est aussi une façon de l’encourager à parler, à argumenter et à développer ses idées.

 

Et vous, maîtrisez-vous l’art de l’écoute? Quels sont vos meilleurs trucs pour mieux écouter votre ou vos interlocuteurs? Quelles sont vos principales difficultés? Écrivez-moi au myriam@myriamberube.ca pour me donner votre réponse. Vous pourrez alors m’inspirer pour la rédaction d’un nouvel article sur le sujet.

 

* Dans son sketch, Patrick Huard conseille aux hommes de se taire, pour rester poli, quand leur conjointe leur pose certaines questions.